La linogravure . D'ou vient cette passion?
« Et bien à dire vrai, j’ai exploré au fil des ans toutes les techniques de gravure . J’ai tout testé: eau-forte, lithographie, pointe sèche… mais c’est la linogravure qui s’est imposée à moi comme un langage primordial. J’y voyais vraiment quelque chose de brut et en même temps une force, une simplicité . J’aime aussi la capacité à le marier avec d’autres médiums ; parfois le numérique, parfois la pointe sèche . C’ est ma technique de prédilection. «
J’ai investi beaucoup de temps, des années et d’ énergie à approfondir la linogravure . Je l’ai même associée à la peinture pour que tout forme une unité intéressante.
Qu'est ce que la linogravure ?
La linogravure est une technique de gravure en relief : on creuse une plaque de linoléum avec des gouges, l’encre se dépose sur les parties en relief, et l’image est ensuite imprimée sur papier. Chaque impression est donc originale et porte la trace unique du geste. »
Quid des outils ?
Les gouges
Les gouges sont les outils essentiels pour la linogravure. Elles permettent de creuser le linoléum et de tracer des lignes plus ou moins larges selon leur forme (U ou V) et leur taille.
Il existe de nombreuses marques, mais j’ai choisi de travailler avec les gouges Pfeil, réputées pour leur précision, leur confort et leur durabilité. Leur manche en forme de champignon tient bien en main et leur acier de qualité reste affûté longtemps.
Pour débuter, un petit assortiment de gouges (U large, U moyen, V fin) suffit déjà à réaliser beaucoup de projets.
La presse
Ma presse Arthley (taille-douce) : achetée en 2004, c’est un véritable bijou technique, la “Rolls” des presses. J’ai voulu investir à l’époque dans un outil d’exception, parce que je savais que la gravure ferait partie de ma vie pour longtemps.
Les encres
En gravure, on peut travailler avec des encres à l’eau ou des encres à l’huile.
Personnellement, j’ai beaucoup utilise les encres à l’huile Charbonnel et Van Son. Leur profondeur de couleur, leur onctuosité et leur tenue dans le temps sont incomparables. Certains de mes pots me suivent depuis des années, preuve de leur qualité et de leur longévité.
- Les encres à l’eau sont plus simples à nettoyer et conviennent bien pour certaines pratiques rapides ou pédagogiques. On a fait beaucoup de progrès et écologiquement ces encres évitent les odeurs de produits comme le pétrole et le white spirit .
- La marque Cranfield est particulièrement remarquable . Cranfield a récemment introduit une nouvelle gamme d’encres Safe Wash pour l’impression en taille-douce et taille d’épargne. Les encres Caligo Safe Wash sont à base d’huile, mais elles ont été conçues pour être nettoyées en toute sécurité avec du savon liquide et de l’eau, sans solvant.
Les papiers
Le choix du papier est essentiel en linogravure. On distingue deux grandes familles :
les papiers à base de coton, adaptés aux presses,
les papiers à fibres de bois, plus accessibles et pratiques.
Un bon papier doit être résistant et souple, avec un encollage qui permet à l’encre d’adhérer sans bavure.
Personnellement, j’aime utiliser les papiers japonais washi, très fins et solides, ou des papiers de gravure européens comme Fabriano ou Arches, qui garantissent une belle conservation des estampes.
Le linoleum
Le linoléum est la matière première de la linogravure. Il existe en différentes qualités : certains plus souples, d’autres plus durs, selon l’effet recherché.
J’utilise principalement du linoléum gris de qualité professionnelle, car il offre une bonne résistance tout en permettant des découpes précises.
On en trouve facilement chez les fournisseurs spécialisés, notamment Joop Stoop.

